lundi 4 juillet 2011

"Laos !" hurla Colin ( j'ai honte ... )


Un moine de Vientiane

    Après une petite semaine à nous laisser bercer par la tranquillité du quartier de Sukhummvit, à Bangkok, à prendre nos repas dans le garage-resto familial faisant face à notre guest house, et surtout après avoir lamentablement échoué à obtenir notre visa chinois, nous prenons un train de nuit afin de rejoindre la frontière laotienne, 13 heures plus tard.
A 3 km de la frontière, le Pont de l'Amitié annonce l'entrée dans la capitale, Vientiane. Un tuk tuk nous dépose le long du Mékong, où moines et voyageurs cohabitent, entre temples bouddhiques et auberges de jeunesse. Très vite, un premier constat s'impose; la ville relève plus de la paisible ville de province que de la  mégalopole tentaculaire.
On part au Laos sans vraiment savoir à quoi s'attendre. Ici, pas de highlights, de lieux mondialement reconnus par leur beauté singulière ou leurs monuments grandioses. On file vers le Laos comme un chercheur d'or suit un filon. Grâce au bouche à oreille. Et l'argument majeur des voyageurs que l'on croise à de quoi attiser la curiosité : " Si vous avez aimé la gentillesse des thailandais, sachez que celle des laotiens est légendaire ". Ventiane renvoie une image assez juste du pays, à savoir une atmosphère décontractée, plutôt inhabituelle pour une capitale. Pas trop de voitures, pas trop de scooters. Pas trop de tout en fait. Elle a pour principal intérêt de nous faire gouter à nouveau aux joies de la boulangerie, avec de vrais baguettes, croissants et autres pains au chocolat.

Le plaisir de se balader avec sa baguette de pain à la main, ça n'a pas de prix
    Alors forcément, après plus de trois semaines passées en Thaïlande, on se lasse des temples. D'autant plus que ceux du Laos n'ont pas la splendeur des temples thaïlandais, ils sont beaucoup plus sobres, austérité oblige ...
Mais les bouddhas sont toujours aussi souriants,  et les moines apaisants. Après deux jours à errer dans la ville, à contempler d'un air dubitatif leur Arc de Triomphe, et à fêter comme il se doit notre 9 ème Moisiversaire dans un bar à vin francophone, nous quittons la capitale pour nous rendre à Luang Prabang. Située à 9 heures de bus plus au Nord, c'est l'ancienne capitale du Royaume du Laos. Nous y arrivons à 4h30 du matin, sous une pluie battante, et une fois de plus un tuk-tuk nous amène à destination à travers la lumière orangée des ruelles de la ville. C'est l'avantage de voyager en Asie, se déplacer est un jeu d'enfant.


Enfants se baignant dans la Nam Khan
    Le calme est encore plus palpable ici. Le centre historique se situe sur une petite péninsule qui s'étend entre la rivière Nam Khan et le Mékong. En longeant ses rives on découvre les pêcheurs qui déploient leurs filets depuis leur barque, les joueurs de pétanque qui nous rappellent l'influence de la France dans la région jusqu'à la moitié du siècle dernier, et ses habitants sur qui le temps ne semble avoir aucune emprise. Le Laos, c'est le pays de la lenteur, une forteresse que le stress ne peut pénétrer. Fraîchement débarqué du chaos des villes européennes,  le choc culturel peut être irritant. Si vous commandez un plat, un conseil, prenez vous une bonne bière, relaxez-vous, oubliez votre montre, et préparez vous à attendre au minimum une demi-heure, même si vous êtes les seuls clients. Restez cooool ...
La ville, classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO parait bien plus raffinée que Vientiane. Il est agréable de s'y perdre une fois le soleil couché, et de profiter du marché nocturne,  très coloré et surtout très calme, contrastant radicalement avec le marché de Chiang Mai, en Thaïlande, beaucoup trop touristique pour avoir du charme.

  
Coucher de soleil sur les bords de la péninsule de Luang Prabang
    Nous prenons la route de nuit pour Luang Namtha. Les bus sont plutôt pas mal, et les arrêts pour manger toujours plein de surprise. C'est la campagne, chaque repas est une occasion de mesurer l'efficacité de sa flore intestinale. Cette nuit là, à 1h du matin, nous nous arrêtons donc pour ce qui restera notre repas le plus rapide de l'année. Non pas à cause du manque de temps, mais plutôt de la présentation. On a beau ne pas être difficile ...

Pattes d'écureuils et leur farandole de légumes de saison ...
    Après 9 heures de bus à travers les petites montagnes du Nord du pays, nous atteignons Luang Namtha au petit matin, à 5h. On ne peut pas vraiment parler de ville, plutôt une grande rue principale où se succèdent petites agences de treks et hôtels pour les voyageurs qui viennent jusqu'ici. Après avoir attendu que la ville s'éveille, nous partons à quatre, nous deux plus deux guides, à travers la jungle laotienne toute en relief. La ballade est plutôt physique, et dans certaines zones c'est à coup de machette que la voie est ouverte. Pour être dense, elle est dense ... Mais pas de risques, les tigres sont loin, repliés vers la frontière chinoise, près de la province du Yunan. Les serpents sont toujours aussi craintifs. Quant aux araignées ... toujours fidèles au poste ! Mais on s'y habitue. Si vous en avez une peur bleue, alors évitez ce petit tour dans la forêt, où l'on se fraye un chemin en se jetant dans les branches, sans réfléchir aux insectes qui s'y trouvent . A l'heure du déjeuner, alors que le tonnerre gronde au loin ( et qu'il ne fait pas semblant ), nos guident s'affairent à la préparation du repas. L'un va couper des feuilles de bananier, l'autre taille du gros bambou pour y faire bouillir de l'eau, afin de cuire le riz et la viande. Des experts. Nous observons la technique, emerveillés, et une chose est sûre, nous faisons honneur aux plats. Pendant ce temps, une espèce de pince-oreille géant nous observe. Notre guide, dont je ne me souviens plus du nom, mais que j'appellerai Chang, nous demande alors si nous voulons y goûter. "Je goûte si tu goûtes avant" lui réponds-je. 30 secondes de cuisson au barbecue plus tard, il se prend la meilleur partie, et nous refile la moitié dégueulasse avec les ailes. Je n'ai jamais essayé mais je pense que le goût se rapproche d'une plaquette anti-moustique bien chaude.  C'est en pleine digestion que nous reprenons la route, les pentes se font plus raides, et les lianes de plus en plus nombreuses. Forcément, nous nous prenons un instant pour Johnny Weissmuler, sous le regard amusé ( ou attristé, au choix ) de nos guides.  Après quelques heures nous  sortons de la végétation luxuriante et finissons la marche entre les rizières, sous une pluie battante.
Arrivés à l'hôtel, une douche s'impose, et par je ne sais quel miracle, une sangsue à réussi à se fixer à ma cheville. D'un geste vif du pied, je lui fait découvrir les joies du vol plané, mais tel un ninja elle vient se fixer sur le mur. Je me vois donc contraint de lui faire découvrir la spéléologie subaquatique après l'avoir placée avec douceur dans les toilettes. Après une bonne nuit de repos, il nous faut revenir à Vientiane pour la suite du voyage, au Sud du Laos ...

2 commentaires:

  1. pauvre écureuils! ils les mangent! mais c'est trop mignon!
    que de belles aventures vous vivez, merci Nick et à bientôt, Joce

    RépondreSupprimer
  2. Elle est où la baguette de pain à la main? Steph, d'une main il a ses lunettes et de l'autre un bouquin? le temps de prendre la photo, il l'a déjà toute mangée!!! merci pour les photos souvenir, à bientôt

    RépondreSupprimer