mercredi 15 juin 2011

Thailande, le Bouddha c'est sympa



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Le récit de la Thailande par Mister Ben



Dès notre arrivée, Estelle et moi-même découvrons ce que signifie l'appellation "The land of smiles", plastronée au sein même de l'aéroport sur de larges banderoles. En Thaïlande, tout le monde semble heureux de vivre, profiter du moindre délice proposé par l'existence, ce qui semble après tout relativement raccord avec la philosophie bouddhiste, religion locale prédominante. Du tableau de bord du taxi aux statuettes fichées en bordure d'autoroute, la figure de l'éveillé Siddharta Gautama est partout.

Si les gens arborent un si large sourire, c'est aussi parce que durant les 3 jours qui vont suivre, ils célèbreront Songkran, le nouvel an bouddhique : durant cette fête, on s'asperge joyeusement d'eau, thaïs comme farangs (occidentaux), piétons comme cyclistes ou automobilistes. On se balance de la flotte au visage, mais dans une ambiance bon enfant et très joyeuse :
même les flics se retrouvent barbouillés de terre glaise ou de savon, et si la surprise est de taille en premier lieu, il est rarement désagréable de se retrouver mouillé des pieds à la tête quand il fait 40°C dehors… à condition d'avoir pris ses précautions et protégé porte-monnaie, passeport et téléphone portable.

Notre visite de Bangkok commence par des quartiers on ne peut moins touristiques : rues en piteux état, immeubles proches de la ruine, population très pauvre, marché couvert puant la pisse, nous voulions de l'authenticité et nous étions servis. C'est durant cette balade improvisée que nous faisons notre première constatation : nous avons beau nous trouver dans un des quartiers les plus pourris de Bangkok, à aucun moment un quelconque sentiment d'insécurité n'a point à l'horizon. Tout le monde s'amuse pour Songkran et joue le jeu… Mais l'une de nos rares mauvaises surprises est la visite d'un "centre d'information pour touristes" où une grosse dame désagréable essaie de nous refourguer itinéraires, guest houses et ses propres tarifs, plus proches de l'arnaque que du réel bon sentiment.

Bien plus sympathiques, les multiples stands à même le trottoir proposant de manger nous permettent de goûter toutes sortes de mets, pas forcément raffinés, mais bons et nourrissants en plus d'être économiques. La découverte du Red Curry fut une surprise, dans tous les sens du terme. Le soir venu, nous découvrons avec fascination l'étonnante danse des combattants de Muay Thai au sein de l'un des stades les plus prestigieux de la ville.

Désirant visiter quelques musées, nous hélons un taxi, les tarifs étant des plus avantageux (comme à peu près tout dans le pays) et nous faisons alors une nouvelle découverte : personne en Thaïlande ne semble savoir lire un plan. Lorsque nous passons notre carte aux chauffeurs, il est fréquent qu'ils la tournent dans tous les sens sans jamais parvenir à se repérer. Et ce, à Bangkok comme dans toutes les autres étapes de notre périple. Car après les visites de quelques temples, la descente à pied de Sukhumvit (l'une des plus longues rues de Bangkok), l'heure est venue pour nous de nous rendre à Chiang Mai, ancienne capitale du royaume de Lanna.

L'ambiance nous charme, le côté "petite ville de province" (150 000 habitants quand même) se révèle indiscutablement moins étouffant que Bangkok la tentaculaire. Chaque Seven Eleven est l'occasion d'une halte afin de prendre un peu le frais, puisque comme partout la climatisation y est réglée dix fois trop forte. Ici nous succombons aux délices des massages thaï, déjà expérimentés auparavant mais sublimés par le talent de nos masseurs. Nous ne sommes qu'à environ 80 km du temple dans lequel fut tournée la séquence d'ouverture de Rambo III, et c'est avec déférence et respect que nous organisons un pèlerinage vers l'endroit. 469 marches plus tard, nous touchons au but, et au Saint Graal : la fameuse charrette réparée par John Rambo est devant nous ! Nous apprécions la tranquillité des canaux entourant la vieille ville, et l'excellente ambiance du Riverside, bar rock où des groupes Thaï reprennent en chantant certes en yaourt, mais avec talent, les standards rock venus d'Occident.

C'est via un bus de nuit que nous rejoignons Ayutthaya, affectueusement renommée Ayakouya par Stephen, où nous découvrons une impressionnante variété de ruines, certaines inspirées par les khmers, d'autres directement tirées de notre folklore nerd comme ce splendide Bouddha couché observé depuis dans Street Fighter, derrière Sagat. Mais le bus de nuit nous attend, et c'est après deux voyages éprouvants (et une halte nocturne des plus étranges, où il nous sera servi un repas vers une heure du matin) que nous arrivons à Karpi, ou plutôt Krabi Ao Nang et ses plages paradisiaques.

Ne voulant prendre le risque de rester bloqués sur une île en cas de mauvais temps, et de rater le bus de nuit du retour, nous restons sur le continent mais apprécions l'océan indien, tellement chaud, tellement agréable… même si certains de nos bains se font en compagnie de petites créatures ressemblant à des petits bouillons cubes translucides. Méduses cubiques ? Certains de nos bains se terminent avec l'impression nette de s'être fait piquer par une bestiole étrange, fort heureusement les multiples massages à l'hôtel non loin procurent tout le repos et la décompression nécessaire.

C'est le coeur serré qu'Estelle et moi repartons, après ces deux semaines magiques au pays des sourires. Histoire de mieux faire passer la pilule, nous aurons la chance d'être surclassés durant le trajet retour et de terminer le voyage en Business Class : un beau voyage, c'est toujours plus sympa quand ça se termine confortablement.

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