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Nous avions prévu 10 jours au Laos et 10 jours au Cambodge pour profiter un peu plus du Vietnam qui s'étend en longueur. Nous savons déjà que nous les dépasserons. Par choix, très clairement, parce que nous aimons le Laos. Son rythme de vie lent et calme, son peuple qui ne tarit pas de sourire, et la nature aussi, sauvage avec ses animaux en liberté totale (vaches, cochons, poules...). Le bouddhisme Theravada (littéralement "la doctrine des anciens") est très présent et joue énormément sur le comportement accueillant et nonchalant des habitants.
Ici au Laos, on se sent un peu comme "chez Mamie", c'est sans fioritures, à la bonne franquette et dans la bonne humeur. Avec un peu de pain, de viennoiseries, de vin et de la bière abordable, on ne peut sans se tromper dire que c'est un pays où il fait bon vivre.
Après un court trajet en bus (8h), nous parvenons à Thakek. Objectif : les grottes de Kong Lo réputées pour être parmi les plus impressionnantes au monde. Nous ne pouvions décemment pas louper ça... C'est en arrivant que nous nous rendons compte que, contrairement à ce que l'agence nous avait dit, nous ne sommes pas à 30 mn des grottes mais plutôt à 2h.
Bien heureusement, nous rencontrons un groupe de français à l'auberge composés de Karim, Saida, Anne, Maya... qui nous proposent de les accompagner. La chance tourne et nous gagnons un temps précieux et de nouveaux amis en route pour les grottes.
Après 2h de minibus, d'esquives de scooters et autres vaches paissant sur les routes, nous parvenons aux grottes de Kong Lo. Un petit lac nous accueille, créé par la rivière souterraine à l'origine de la formation des grottes. L'entrée est imposante et c'est en pirogue que nous découvrirons ces grottes d'une longueur rare (7 kilomètres). Ma petite lampe frontale est totalement inutile, on peut aussi la qualifier de ridicule voir de drôle car les parois sont si hautes que je n'éclaire que du vide... Heureusement, nos guides eux sont équipés.
Le voyage est mystique, les dimensions, l'écho et l'absence de vie (ressentie si elle n'est pas réelle) procure un sentiment d'humilité très agréable à l'égard des millions d'années nécessaires pour nous offrir une telle structure géologique. L'autre particularité de ces grottes est que la rivière souterraine traverse la montagne de part en part et cela nous permet d'atteindre le village de Kong Lo situé de l'autre côté, inintéressant pour le touriste mais une pause agréable pour le fourbu.
Seule surprise du retour, l'arrivée de Peter, touriste vagabond et aventurier cherchant un "taxi" pour revenir sur Thakek. Avec une place de libre dans le Van, nous le prenons à bord sans nous douter qu'il nous poursuivra pendant des jours ;)
Départ pour Pakse le soir même... nouvel objectif : le plateau Boloven, un coin de nature scénique qu'il faut apparemment absolument découvrir en scooter.
Nous y rencontrons Joe à notre première auberge, un suisse bien sympathique qui ne se verra arbitrairement nommer au grade de Maximus que bien plus tard. Nous y retrouvons aussi Saida, Peter et Maya qui ont finalement décidé de venir à Pakse plus tôt que prévu. Parce que c'est plus sympa à plusieurs, c'est donc à 6 que nous partons pour 2 jours de scooter dans la campagne Laotienne.
Plantations, montagnes verdoyantes et surtout cascades atypiques nous attendent. Après une journée de route et de visites, nous parvenons dans un petit village et son hôtel Resort s'avère contre toute attente très bon marché... et être un hotel fantôme, complètement désert. Rester seuls avec le tenancier des lieux et ses 2 employees, avec une vue imprenable sur des cascades aussi superbes que puissantes, nous n'hésitons pas...
| Y'avait une échelle, si ça ce n'est pas une invitation ?! |
Parce qu'on aime bien faire les "cons", Joe et moi on se dit qu'on va escalader la cascade, parce que l'eau est bonne et que c'est rigolo. C'était une bonne idée a priori, jusqu'à ce que, arrivé en haut, Joe essayant de se maintenir me crie :
"Merde... ok !... Ca va faire mal !"
Là, j'observe impuissant Joe chuter de 2 mètres, emporté par la cascade. Ce faisant, il perd nos 2 bières durement conservées que je vois disparaître dans les tourbillons mouvementés des étages inférieurs.
Bien heureusement, je vois soulagé que Joe ne suivra pas le même chemin et s'en sortira presque indemne (un genou en vrac) ce qui est tout de même un sacré coup de bol.
Et comme nous ne pouvions pas facilement redescendre, après une seconde tentative, nous nous résignerons à trouver un autre chemin, pas vraiment moins dangereux mais presque praticable...
Pendant ce temps, Saida tombera toute seule en eaux calme en glissant sur une pierre lisse, Nick sauvant son appareil photo de justesse (Oui je balance, je suis comme ça. Et puis ça permet de savoir qui vient lire le blog).
C'est triste l'alcoolisme, vraiment triste...
| A 70 centimes d'euro la bouteille de 66cl, vous auriez fait quoi vous ? |
Après une belle cuite donc (parce que de temps en temps, ça fait du bien), nous reprenons la route.
Traversée de la montagne et chutes vertigineuses jusqu'à atteindre une plantation de café traditionnelle, la seconde journée n'a rien à envier à la première et la visite de la plantation sera l'attraction de la journée. Et comme les français aiment bien le café, on y retrouve en pleine campagne : Karim, Anne et cie. Parce que le voyage c'est aussi ça, retrouver des gens un peu tout le temps à des endroits inattendus. Pour le coup autour d'un bon café fait maison.
| C'est nous qui l'avons fait... presque ! |
Plus qu'une attraction avant le passage au Cambodge. Le groupe ayant la même destination c'est ensemble que nous filons vers les 4000 îles situés au sud du Laos. A cet endroit, le Mekong s'élargit grandement pour donner naissance à un "delta" qui a la particularité de ne pas être situé en bord de mer. Par souci d'économie nous prenons un petit bus très convivial dans lequel on vous fourni des chaises en plastique pour vous asseoir dans l'allée. 4h plus tard, nous parvenons sur notre île de destination en pirogue. Le choix collégial s'est porté sur une petite île, réputée calme située au sud du "delta" : Don Khon.
Très vite, le choix s'avère judicieux et nous faisons la connaissance de personnes inoubliables :
- Papa : le tenancier de notre guesthouse, qui se marre tout le temps comme tout bon laotien qui se respecte et qui s'avère porté, non sans excès, sur l'alcool local : le LaoLao, qu'il ne manquera de nous proposer régulièrement, y compris au réveil.
- Dimitri alias Jim : le gentil baroudeur venu aider son cousin Romain sur l'île qui nous fera découvrir pleins de choses sur l'île
- Romain et Julie : ils ont décidé de construire leur propre guesthouse sur la petite île de don khon. Un défi au Laos où il ne faut pas planifier de date d'ouverture ni attendre un quelconque respect de délai pour la livraison des matériaux de construction. Ils le relèvent avec panache et une adaptation parfaite à la nonchalance caractéristique du Laos.
Notre guesthouse est composée d'un restaurant rustique accolé aux chambres. Chaque chambre donne sur une terrasse commune et possède son hamac. Le tout est sur pilotis et donne sur le Mékong, mais surtout, est orienté ouest pour nous permettre d'admirer les couchers de soleil... féeriques !
Le cadre étant posé, les quelques jours qui suivront seront l'occasion pour nous de nous détendre et de profiter de l'ambiance locale :
- Nous reposer dans les hamacs en profitant du vent et du calme environnant
- Bien manger avec des repas bien arrosés et accompagnés en soirée de sa ribambelle d'insectes nocturnes, sortes d'éphémères, sortant de la rivière par milliers...
- Se balader sur l'île, profiter des gens, des animaux, du beau temps, essayer de voir les dauphins Irrawaddy du Mekong, très rares...
Nous sortirons tout de même pour aller pêcher du poisson avec les locaux. La méthode de pêche laotienne est a leur image, simple et efficace : un "panier" de bois géant capture les poissons qui descendent les cascades. Légèrement incliné, le "panier" les retient et le courant les empêchent de fuir. Il ne reste plus qu'à ramasser sa pitance. Nick capturera un monstre qui avait tenté d'agresser une partie sensible de son anatomie alors que nous nous faisions tranquillement masser les pieds pas la cascade. Son trophée, son moment de gloire ! Un vrai Laotien ! Nous concluerons par un pique-nique collégial avec au menu : riz collant, poissons grillés, bière Lao et LaoLao (Vous savez l'alcool qui fait mal aux cheveux).
La surprise de l'arrivée sur l'île sera d'apprendre qu'il n'y a aucun moyen de retirer de l'argent ni de payer par carte. Si nous avons oublié de retirer, on nous suggère de garder de quoi reprendre la pirogue et se refaire 4h de bus pour de revenir à Pakse... Le désespoir nous envahit quand "Papa" nous apprend qu'il existe une banque près d'ici où nous pourrions retirer. C'est donc un lendemain de fête que je pars (Nick étant dans un état post soirée LaoLao que je ne détaillerais pas ici), moi, Joe et Saida avec Papa pour un aller/retour de 2h :
- Pirogue jusqu'au village
- Scooter jusqu'à la banque avec chauffeur... enfin sauf Joe, qui s'est retrouvé à mi-chemin à devoir conduire lui même le scooter, le chauffeur lui ayant laissé les clefs pour aller faire je ne sais quoi (la confiance Laotienne n'est pas un mythe).
- Après environ 5 papiers à remplir, des imprimés et un passage à un guichet nous repartons avec notre argent.
- Je tombe en panne d'essence sur le chemin du retour. Mon chauffeur, un gamin, se marre tout seul de la situation en essayant d'appeler à l'aide avec son portable. Heureusement Joe a fait demi tour ne nous voyant pas arriver et m'a embarqué jusqu'à la ville laissant notre tout à fait heureux laotien seul avec son scooter à sec.
- Retour en pirogue avec des sous pour continuer la farniente
Nous terminerons notre séjour aux 4000 îles par un dernier tour en vélo avec Jim qui nous fera découvrir les puissantes cascades Li Phi et une petite plage connue de lui seul. L'île a tout pour ressembler au paradis si l'on tolère les insectes. Nous nous sommes promis d'y revenir un jour pour profiter de la guesthouse de nos nouveaux amis.
Après une dernière soirée ponctuée par le passage d'un buffle monstrueux à quelques mètres de nous, sur la piste extérieure de l'île, nonchalent comme toute forme de vie au Laos, c'est le départ. Des adieux déchirants, comme souvent après avoir fait un bout de chemin avec des voyageurs qui ne nous sont maintenant plus inconnus... mais nous sommes aussi contents d'avancer !
Au revoir Laos, bonjour Cambodge...
Tu es fan du Laos dans ton post, tu as bien fait passer le message! merci que de beaux souvenirs!.
RépondreSupprimerJoce
"(Oui je balance, je suis comme ça. Et puis ça permet de savoir qui vient lire le blog)"
RépondreSupprimerben voila, moi je suis venue lire.
Question du jour: est-ce que plus on a les chevuex longs, plus on a mal aux cheveuex apres les soirees LaoLao?
Marielle
Je te rassure ca marche aussi pour les cranes d'oeuf :)
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