jeudi 2 juin 2011

Java bien


Afficher Java sur une carte plus grande

C'est le cœur gros que je laisse mes 2 compagnons de route à l'aéroport de Perth afin de continuer l'aventure seul. Les trois jours à Perth n'auront pas été de trop pour m'habituer au vide laissé par leur départ. J'en profite pour visiter un peu la ville, mais comme Nick l'a souligné, les villes australiennes ne sont pas des plus réjouissantes. La plupart de mon temps, je le passe en achat de matériel que je n'ai plus pour cause de séparation des biens. Fin prêt à jouer les reporters de l'extrême, je file vers l'Indonesie pour vous conter les merveilles que l'on peut y trouver.

Une ville australienne comme une autre
Motivé à essayer d'avoir mes visas pour la Chine ou la Russie, je décide donc de rester 5 jours à Jakarta. Erreur ! La ville est immense, moche, polluée, le trafic y est infernal et faute de transport en commun, le moindre déplacement doit se faire en taxi et prend un temps infini. Je laisse donc tomber le projet visa et essaie de trouver quelque chose d'attrayant à visiter. Le musée national semble un bon choix, mais malédiction oblige, je m'y pointe un lundi : jour de fermeture. N'ayant pas le courage de me retaper les deux heures de taxi pour m'y rendre, je laisse aussi tomber le plan musée. Je passerai donc ces 5 jours à larver entre l'hôtel et le mall non loin de là, histoire de recharger les accus avant de reprendre la route vers le centre de l'île de Java.

Une ville indonésienne. Pas beaucoup mieux.
C'est par la voie ferroviaire que je me rend au centre de Java, dans la ville de Jogjakarta. Ancienne capitale du pays, on y trouve le Kraton Yogyakarta Hadiningrat, la résidence de l'empereur. La visite est rapide mais me permet d'envier les empereurs de l'époque. Ils savaient bien vivre en ce temps là. Jogjakarta est aussi un berceau de la culture indonésienne. On peut y découvrir la peinture locale, les spectacles de marionnettes, les danses ainsi que divers formes d'artisanat. J'ai réussi à avoir un apercu de chaque discipline. Petit bemol tout de même : dans ce genre de ville à touristes, à force de vouloir te faire "découvrir leur culture", les locaux finissent par te pourrir la vie. Tu ne peux pas faire un pas dans la rue sans que l'on te propose d'acheter ceci ou cela. Evidemment, inutile de preciser que dans 90% du temps, cela sent l'arnaque à plein nez. Il me faut donc reprendre les réflexes de l'Amérique du Sud : ignorer et continuer droit devant sans un mot. Si vous le pouvez, optez aussi pour le regard méchant, ça paye toujours.

Vue de l'empereur sur la piscine de ses concubines. De là, il en choisissait une, et après ... je vous laisse deviner la suite.
Mais le principal intérêt de Jogjakarta, c'est que c'est le point de départ pour visiter deux des plus beaux temples de l'Asie du Sud-Est : Borobudur et Prambanan.
Borobudur est un temple bouddhiste du IXe siècle de l'époque de la dynastie Sailendra. J'ai fait le choix de passer par une agence afin de pouvoir m'y rendre au lever du soleil et j'ai bien fait. Le ciel se colore de pourpre et le volcan Merapi crache un peu de fumée pour que tu n'oublies pas qu'il est le plus dangereux d'Indonésie. A l'entrée du temple, les moines prient. Le chant est lancinant, envoutant. Soudain le temple apparaît, arrosé par la lumière du soleil. J'éprouve le même sentiment de respect teinté d'émerveillement que devant le Machu Pichu. Je monte les marches, fait le tour de chacun des neuf étages de l'édifice et observe la vue sur la jungle et les rizières environnantes sous le regard de centaines de statues de Bouddha. Maintenant, je n'ai plus aucun regret d'être venu en Indonésie.


Prambanan n'a pas à rougir de Borobudur. Le site est constitué d'un ensemble de 240 temples shivaites, construits au IXe siècle sous la dynastie Sanjaya. Malheureusement le tremblement de terre de 2006 l'a grandement endommagé et je suis un peu frustré de ne pas en profiter à 100%. Malgré tout, la visite est somptueuse et je repars vers Jogjakarta la tête pleine de souvenirs magnifiques.


Pour la suite des aventures, je porte mon choix sur la ville de Malang. Le but étant d'essayer de visiter le mont Bromo. La ville n'est pas le spot recommandé pour cela, mais je préfère éviter les villes trop touristiques et les emmerdes qui vont avec. Et je suis certains qu'en creusant un peu, Malang peut avoir quelques intérêts. Et je ne m'y trompe pas ! Premier jour, je tombe sur une prestation de Kuda Lumping : danse traditionnelle indonésienne, où les danseurs rentrent en transe avec les esprits et peuvent subir différents traitements sans broncher. Bluffant de voir un mec se faire fouetter sans rien dire. Et le père de famille à côté de moi me précise "Tu sais, il se rappellera de rien". Je ne sais pas si cela doit me rassurer.
Le deuxième jour se résume à une bonne ballade en ville, visite d'un temple chinois, deux petites courses au marché central et pour finir le marché aux fleurs et le marché aux oiseaux. Ces deux derniers ne manquent pas d'exotisme.


L'objectif principal de la troisième journée est de trouver une agence pour aller voir le Bromo au lever du soleil. Mission réussie, départ prévu le lendemain. Je profite donc de la journée pour me rendre dans plusieurs petits temples proches de la ville. Rien de comparable à ceux que je viens de voir à Jogjakarta, je ne tarde donc pas trop à rentrer, la pluie en fin de journée n'aidant pas non plus à traîner. Le quatrième jour, levé à 1 heure du matin, direction le parc national de Bromo-Tengger-Semeru. Le réveil est difficile. La montée en voiture est longue et les routes empruntées sont parfois hasardeuses. Mais le jeu en valait la chandelle. Le spectacle offert par le soleil puis par le volcan est somptueux.


Borobudur, Prambanan et le Bromo ont largement suffit à me faire apprécier l’Indonésie et Java. Mais ce n'est pas le seul intérêt du pays. La cuisine est appréciable après notre régime des derniers mois à base de MacDo et autres sandwichs au pain de mie. Certaines spécialités sont bizarres mais néanmoins savoureuses. Si vous évitez les sentiers touristiques, les gens sont adorables et prêt à vous aider. Si en plus vous essayez comme moi de sortir une ou deux phrases et quelques politesses dans leur langue, les gens seront enchantés. Et puis, après l'Australie, il faut bien constater également qu'il est plaisant de trouver des prix raisonnables, surtout si vous jouez un peu le jeu du marchandage, sans toutefois abuser.
Le gésier à la sauce locale
Il est temps désormais de filer vers Bali, ses temples, ses plages et surtout ses villes à touristes, que je compte bien éviter aussi, autant que faire se peut.

3 commentaires:

  1. chacun sa route, chacun son chemin!!
    contente d'avoir de tes news Nicolas,
    différents parcours en solitaire, mais toujours aussi de magnifiques aventures!
    bonne continuation, à bientôt, Joce.

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  2. courageux de faire la route en solitaire, mais comme dit Joce : chacun le choix de son chemin. Pour le lecteur cela nous donne plus de récits à suivre. bonne route

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  3. yop! zolie toutes ces photos ! ... merci Y3 pour la petite carte ;) ... si non, lol, pour le moment "Moc Dainold" :)) ... Good road!!! (MB)

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