dimanche 29 mai 2011

Le monde perdu...


Afficher Australie sur une carte plus grande


C'est donc après une première quinzaine douloureuse que nous parvenons à Adélaide. Située au centre de la côte sud australienne, cette ville sans charme est surtout connue pour ses sessions de plongée en cage en vue d'observer ce monstre des mers appelé "Grand blanc"... Bien sûr, à 300€ la session par personne, c'est sans regret que nous ne sauterons pas sur l'occasion.

Cyril arrivant vers 10h du matin, nous récupérons en premier lieu le camping car. A partir de maintenant, fini les catégories batardes, fini les vans, fini les voitures, vélos et autres chaussures de randonnées. On nous propose un "6 berth MotorHome", le plus gros de sa catégorie (en remplacement car ils n'ont plus que ça). C'est un monstre, et nous jubilons à l'idée d'avoir enfin une maison pour voyager. Un grand merci à notre futur partenaire de voyage qui finance ce bel objet dans un souci de confort que nous comprenons complètement.



Après beaucoup d'explications sur le fonctionnement de la bête (arrivée du gaz, évacuation d'eau, douche, toilettes, batterie, climatisation, frigo, pare-soleil latéral, fauteuil de massage automatique et hélicoptère de secours), nous arrivons enfin à l'aéroport (en retard) pour rendre la voiture (en retard) avec une caution bouffée par l'agence de location suite à un arbre qui m'est très vicieusement rentré dans le "luc" (quand on vous dit que la flore Australienne est dangereuse). C'est donc dans une ambiance "délicieuse" que Cyril rejoint l'équipe.

Heureusement, les amis de Cyril aussi présents à l'aéroport, nous invitent très généreusement à déguster notre premier restaurant depuis plus d'un mois. Malgré une résistance farouche devant tant de gentillesse "Are you sure ? Noooooo ? Yes ?" l'opportunité de fuir le pain de mie est trop forte et nous cédons... sans scrupule (Merci, vraiment !).

Une pizza plus tard et c'est le grand départ. Notre première destination, Uluru (de son nom aborigène) ou Ayers rock, situé à pas moins de 1500km. Une broutille pour notre nouveau Camping Car !

Grâce à notre John Hammond national (Cyril), nous prenons donc la route et son intervention nous permettra notamment de revoir notre régime alimentaire pour le moins incertain depuis plusieurs semaines. Pour la première fois depuis le début de l'aventure, nous sommes entièrement équipés :
  • Coute aux fourneaux avec un matériel certe spartiate et fonctionnant sporadiquement fera des miracles. 
  • Moi et Nick à la plonge (quand il reste de l'eau). 
  • Moi, Coute et Cyril au volant et Nick au co-pilotage 

C'est une route de poussière et de désert que nous attendions, elle sera plus verdoyante que prévue suite à des précipitations (innondations) anormales. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, nous naviguons à travers des plaines de verdures qui ont transformé le paysage de l'outback Australien.



La routine s'installe pendant ces longues périodes de conduite, mais les petits plats chauds, un peu de vin, parfois meme du fromage et surtout des débats endiablés nous permettrons de surmonter la monotonie du trajet.



Notre plus grande frustration ne viendra pas de ces étendues désertes mais d'une utilisation en demi-teinte des technologies à notre disposition. Nous constatons ainsi que le gaz ne tient pas allumé, la batterie de l'habitacle ne se recharge pas, le frigo ne s'allume qu'une fois sur deux, le pare-soleil est plus que capricieux et la porte ferme... ou pas. Ces constats nous forcerons à adapter notre utilisation et à pester de nombreuses fois devant si peu de simplicité.

Si le Camping Car nous permet d'avoir une autonomie totale, c'est un leurre que nous ne tardons pas à découvrir lorsque nous manquons de tomber en panne d'essence en plein Outback. Les "roadhouses" sont l'étape inévitable du voyageur en Australie et mieux ne vaut pas en louper une. Nous sommes débutants, et heureusement pour nous, la "communauté" est très présente et aidera plus d'une fois les novices que nous sommes.

C'est proche de notre destination (300km) que nous profiterons du volume procuré par notre moyen de locomotion pour enfin rendre le service qui nous avait déjà été offert quelques fois. C'est une superbe blonde nommée Adrien qui nous rejoint donc dans l'aventure.

Notre première grosse attraction, le rocher d'Uluru (attention à la prononciation du r qui est une consonne spirante rétroflexe voisée) se passe de commentaire...



Seule inconvenance de notre passage à Uluru et plus globalement dans l'Outback, les mouches... Je t'entends déjà lecteur : "Ahah des mouches, les aventuriers du dimanche, les moustiques sont bien pires !" Ce à quoi je réponds, oui, mais pas quand les mouches sont au nombre d'une cinquantaine par personne et se posent incessamment sur ton nez, tes yeux, ta bouche, tes joues, ton front et dans tes oreilles. Oui lecteur, toi aussi tu aurais rêvé d'avoir la mythique raquette électrique, objet de destruction massive auquel nous n'aurons accès qu'en Asie, l'Australie accusant un retard technologique flagrant dans ce domaine...

Après une nuit et un repas surprise d'Adrien (Des tacos dans l'Outback, fabuleux), nous repartons en direction d'un des plus beaux bout de brousse de tout le pays : King's Canyon. La formation rocheuse est inoubliable, avec un air de monde perdu, des couleurs flamboyantes et surtout, surtout, pendant toute notre exploration jusqu'au coucher du soleil, nous sommes seuls... Avoir enfin l'impression de découvrir quelque chose comme des aventuriers d'antan, de parcourir une terre désolé et vierge... loin de tout, au milieu de nul part... nous sommes grisés.



Après avoir largué Adrien comme une merde dans un road house en pleine nuit (selon ses souhaits), nous continuons nonchalemment notre périple.
Contre toute attente, le retour est très différent de l'aller, il est effectivement... plus monotone. Mais nous conservons le moral avec comme ligne de mire l'arrivée en vue de l'Océan glacial Antarctique (ou Océan Austral) que nous longerons plus où moins pour atteindre le Sud Ouest Australien.
Nous nous rendons compte que nous allons une fois de plus traverser un désert, mais cette fois-ci sans arbre... enfin d'après le panneau...



Le trajet est néanmoins ponctué de côtes ardamment fouettées par l'embrun et qui viendront ponctuer notre long trajet.



Après une semaine, et 2 attractions... on réalise mieux à quel point l'Australie c'est grand, et cher, et un peu chiant parfois... mais notre arrivée sur la côte ouest comble nos espérances. Les premières plages (merci Cyril), avec notamment Lucky Bay, envoient du steack de Kangourou et ça fait du bien.



La côte Sud-Ouest est parsemée de forêts et de plages, et nous profitons plus que jamais de notre maison en nous arrêtant parfois dans un camping. Pour un tarif raisonnable, on peut brancher l'engin et avoir télévision (Australienne), eau, climatisation, douches...etc... Encore faut-il arriver avant 19h... non, 18h... Ah Nicolas me souffle que c'est 17h... bref avant que le camping ferme en gros. Oui parce que les Australiens, ils sont gentils, mais quand c'est l'heure...

Le vin Australien est plutôt bon, les criques sont belles, et notre dernière petite ville côtière : Freemantle, nous enchantera (enfin une ville qui a de la gueule). Nous prendrons notre dernier repas avec Cyril et profiterons de l'occasion pour fêter notre 7ème moisiversaire.












Et puis tout s'accélère :
  • Le départ de Cyril, première séparation, toujours un dechirement, ça ne change pas. On s'habitue vite à la compagnie, et puis John Hammond, il a la classe quand même. 
  • Un Camping Car dûment rendu, en parfait état et 10000km de plus au compteur. 
  • Une seconde séparation, le départ de Coute qui décide de partir en Indonesie suivre l'enseignement des bonzes des îles. Nous acceptons son choix (logistique)... 

Une nuit a l'aéroport concluera notre aventure Australienne, belle, dangereuse, et surtout douloureuse... notre budget n'en pouvant plus d'attendre les terres plus hospitalières d'Asie du sud est... Thailande nous voici... après une seconde nuit à l'aéroport de Singapour, pour le sport.

3 commentaires:

  1. Je suis ému :-o
    Ce fut vraiment une belle aventure !!

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  2. Merci mon cher John, c'est grâce à toi. A bientôt en Suisse pour ces débats qui me manquent. Mais seras-prêt ?! ;)

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  3. beurk les mouches! mais fabuleux le king's canyon : l'impression d'être seul au monde!
    c'est un régal de vous lire, j'attends la suite en Asie, bonne route et bisous de France,Joce.

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