mercredi 25 mai 2011

L'enfer du backpacker


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    Après cinq semaines bien remplies en Nouvelle-Zélande, nous atterrissons à Sydney sous la grisaille. Nous récupérons une Ford Falcon FLAMBANT NEUVE à l'aéroport et filons à notre Guest House, non loin du port, accompagnés par un vol de chauves-souris géantes, qui ont élu domicile au jardin botanique de la ville. Depuis le mois de mars, elles font d'ailleurs l'objet d'une politique d'expulsion car elles seraient responsables de la destruction d'une dizaine d'espèces d'arbres centenaires. Elles sont ainsi bombardées de décibels au moyen d'haut-parleurs.
    Les trois jours à Sydney seront placés sous le signe du tourisme. La Baie de nuit est, comme on nous l'avait dit, somptueuse, l'Opéra une merveille. Nous traînons au jardin botanique, à l'aquarium, observons la ville depuis la plus haute tour de la ville, la Sky Tower. Les urbanistes on réussi l'exploit de construire un immeuble devant l'opéra, à peine visible ...
Nous rejoignons Mat, rencontré en Nouvelle-Zélande, pour une soirée face à Bondi Beach, l'une des plages les plus connues de Sydney.
Je comprends les expats qui sont venus s'installer ici. Salaires plus élevés, vie plus cool, de grands espaces verts envahis par les joggers, des plages magnifiques. On s'y sent bien c'est indéniable. Mais la capitale de la Nouvelle-Galle du Sud n'échappe pas à la règle. Les prix sont hors normes, et à 23 dollars la nuit en dortoir, c'est l'enfer pour les backpackers. Très vite nous la quittons pour entamer la première partie du road-trip j'usqu'à Melbourne. Nous empruntons la Grand Pacific Drive, qui longe la côte déchirée du sud-est Australien. A Woolonglong, nous demandons notre chemin à une retraitée, vers le blowhole de Kiama, un trou de souffleur, dans lequel la mer s'engouffre pour rejaillir à plusieurs mètres de hauteur. Celle-ci nous répond fort gentiment dans un français parfait puisqu'elle vit ici depuis qu'elle a une vingtaine d'années, les 70's quoi. Et, visiblement très inspirée par la barbe et les cheveux longs de Coute et de moi même, d'ajouter : "Ah ! Vous suivez la route de la drogue !" ... Elle en a vu l'ancienne du gaz.

    Le lendemain matin, l'appel de la plage est trop fort. Le petit dej se fera sur Asling Beach. Le café est dégueulasse, Coute suspecte la présence de mousse ou de lychen dans sa gourde. Ceci est vite oublié lorsqu'un banc de dauphins traverser l'anse à une trentaine de mètres du rivage. L'un d'eux viendra nous saluer en s'échouant sur le sable avant de repartir ... ( On a le droit de rêver )

La Grand Ocean Drive s'arrête pour laisser place à la Great Alpine Road, où des perruches mulitcolores, rouges, bleues et vertes s'envolent à notre passage. Les falaises se transforment en de vertes collines semblables à celles de Nouvelle-Zélande. Puis la traversée du massif montagneux se fait plus impressionnante. Des arbres blancs tapissent les pentes à perte de vue.


                                                                  Sur la Great Alpine Road

     Alors que nous nous rapprochons de Melbourne, la chaleur se fait de plus en plus sentir, le paysage devient plus sec et des feux ponctuels sont fréquents. Les jours se succèdent et notre alimentation reste toujours aussi monotone. Pain de mie du pauvre, jambon du pauvre et moutarde Maille ( y a un moment où il faut arrêter de déconner ). Mais comme on s'embourgeoise vite on se fait des petits plaisirs : pêches en sirop du pauvre, ou cookies du pauvre. Le soir, c'est toujours le même rituel, la recherche du spot, avec de l'herbe moelleuse ( Stephen est très exigeant sur ce point là ). Tandis que les deux autres dorment sous la tente, je dors en chien de fusil dans la voiture. Au bout d'une semaine j'avoue, ça lasse. Nous avions cru comprendre qu'en Australie les flics étaient chiants avec les backpackers et qu'ils les faisaient dégager à 6h du mat. Une fois de plus nous avons été tranquille. Notre plan diabolique a fonctionné. Des pauvres dans une voiture de riche pour ne pas éveiller les soupçons. Superbe.

     Après avoir traversé quelques villes insignifiantes, nous arrivons à Melbourne. Car oui, il faut le dire, les villes australiennes ne ressemblent à rien. Ce qui nous fait gagner du temps, ce n'est pas plus mal.
Nous arrivons enfin chez Batou, qui vit à Melbourne depuis quelques années déjà. Il m'offre une Leffe. Les yeux moites, je m'incline. Une vraie bière, un moment de grâce. Car les bières aussi ne ressemblent à rien en Australie. Elles ont cependant un avantage. Même après trois pintes l'alcootest reste au vert.
Alors là je vous entend déjà penser tout haut. Ce mec n'a pas l'air d'avoir apprécié la culture australienne. Ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit ! Je ne l'ai juste pas trouvée, nuance ! :D

                                     
                                                              Bells Beach sous la pluie

     Nous reprenons la route après ces quelques jours de bons moments, empruntant la Great Ocean Road, qui longe l'Ocean Indien. La pluie s'abat sur notre pare-brise lorsque nous arrivons à Bells Beach. Des surfeurs remontent les marches qui mènent à cette plage mythique, rendue célèbre pour le commun des mortels part le film Point Break, et sur laquelle Bodhi et Johnny Utah s'échangent des bourres-pifs d'anthologie. Plus loin, la côte déchirée dévoile ses Douze Apôtres, pics rocheux malmenés par les éléments. Au large l'orage gronde et le grain se rapproche de la côte a une vitesse hallucinante. Juste le temps de courir jusqu'à la voiture.


                                                                   Les Douze Apôtres

Après cette première semaine sur les routes, je reste sur ma faim. Certes la côte est spectaculaire, mais il manque à la route ce quelque chose qui lui empêche de nous immerger complètement dans l'environnement qui nous entoure. Contrairement à la Route 40 en Patagonie, ou à certaines routes de Nouvelle-Zelande, qui nous donnent l'occasion d'être acteur des paysages que nous traversons, j'ai un peu l'impression de n'être ici qu'un spectateur sur un circuit trop bien rodé. En gros, j'attends les déserts de l'Outback car je commence on peut le dire, à m'emmerder.

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