vendredi 1 octobre 2010

Santa Rosa

Après plusieurs jours de bateau nous voilà débarqués au port de Tabatinga. La nuit vient de tomber et nous sommes un peu pris de court par les évènements. Nous devons désormais trouver un endroit où dormir.

Nous venons de laisser nos amis à la va vite sans vraiment avoir eu le temps de dire au revoir. Impossible donc de demander conseils sur la meilleure des 3 villes de la triple frontière où trouver un hôtel. Par chance (ou pas) nous rencontrons 2 péruviens sur le quai : Daniel et Carmen. Ils arrivent eux aussi de Manaus par le même bateau mais semblent avoir un bon plan pour la nuit. Ils nous proposent de les accompagner sur l'autre rive, à Santa Rosa.

5 min de traversée plus tard nous voilà donc heureux d'être au Pérou et non plus au Brésil. Les choses bougent enfin ... et comment.

Santa Rosa est nichée sur une petite île péruvienne, coincée au milieu de l'Amazone, entre Leticia en Colombie et Tabatinga au Brésil. Des 3 villes c'est sans nul doute la plus petite et la plus pauvre. Lorsque nous foulons pour la première fois le sol de cette charmante bourgade une seule chose nous vient à l'esprit : "Qu'est-ce qu'on fout là ?".




Tout d'abord il nous faut traverser des rizières en pleine nuit au milieu des moustiques pour atteindre le "centre". Ensuite, il nous faut encore 10 min de marche sur de la terre battue, au milieu des chiens errants pour atteindre un bout de route pavée, éclairée par les lumières des restaurants aux plats alléchants pour nos estomacs vides mais dont on viendra bientôt à regretter l'hygiène hasardeuse.
Nous pensions que Carmen et Daniel étaient en couple et nous invitaient chez des amis. Tout faux. Premièrement, ils se connaissaient juste du bateau. Deuxièmement, Daniel ne nous invitait pas chez des amis. Il avait conseillé à Carmen, et par voie de conséquence à nous, un hôtel voisin d'un phone house tenu par ses amis. Et quel hôtel : le "Las Brisas". Certes, lorsque nous discutons du prix avec la tenancière, "que dis-je !" la patronne du bordel, le prix semble abordable, et pour cause.



Nous avons 2 chambres avec lit double pour 4. Pour ne pas gêner Carmen nous décidons de dormir tout les 3 dans la même chambre. Pratique pour se tenir chaud par 35 degrés. La chambre se résume à :
  • 4 murs de planches moisies
  • un sol en bois avec interstices béantes pour perdre le moindre objet qui viendrait à tomber
  • un lit double avec capote usagée planquée sous le matelas
  • une moustiquaire puante
  • une seule et unique lumière avec couvre feu à 22h
  • une prise de courant sujette au même couvre feu

Vous l'aurez compris, les toilettes et les douches sont communes. Mais là où ça se gatte, c'est qu'il n'y a pas d'eau courante. Il faut tout faire au bac en allant prendre l'eau au réservoir. Cela ne nous dérange pas outre mesure. Ca nous rappelle la vie de nos grand parents il n'y a pas si longtemps que ça.

La vraie surprise du soir c'est l'invitée mystère que nous n'avions pas prévue de retour du dîner. Nous rentrons dans la chambre, prêt à nous coucher, quand tout à coup Stephen se fige tel un chien à l'arrêt devant une perdrix.
- Que se passe-t-il Steph ?
- Putain les gars c'est quoi .... ça ?

... (silence) ...





Une putain d'araignée large comme la main. Aucun de nous ne se sent alors le courage de déloger le monstre. Heureusement, Carmen plus habituée que nous à la faune locale, nous en débarrassera d'un coup de balai bien senti, malgré un magnifique sprint de la bête ( 1m/sec au chrono ). Mais la psychose s'est installée. Nous passerons la nuit chaudement, serrés les uns contre les autres pour loger sous la maigre protection qu'offre la moustiquaire, dans la crainte de se faire attaquer par une de ces bêtes.



Le lendemain matin, fatigués après une nuit sans repos, nous partons pour Tabatinga afin de régler les formalités administratives d'entrée sur le territoire péruvien. Cela nous prendra 2 bonnes heures de marche sous un soleil de plomb, sans crème solaire ni chapeau. Par miracle, aucun de nous n'aura de coup de soleil ou d'insolation. Mais nous retiendrons la leçon pour nos futurs ballades matinales.




Nous rentrons à Santa Rosa pour déjeuner. La recherche d'un restaurant avec Carmen prendra dans les 30 minutes, suivi d'une heure d'attente avant d'être servi. La patience est une vertu au Pérou, nous allons vite apprendre ce que patienter veut vraiment dire.

Nous plions bagages sans un au revoir au "Las Brisas" et prenons la direction du port pour y prendre le bateau pour Iquitos. Départ prévu initialement à 15h, départ effectif à 19h. Une vertu je vous disais.


Lorsque nous montons à bord pour installer nos hamacs, la différence avec le précédent est flagrante. Les 3 jours que nous allons passer à bord vont sembler bien plus longs que les 6 précédents.

7 commentaires:

  1. AAAAHHHHHH!!!!! la v....d'araignée ça fait flipper! bien confortables vous étiez avant de partir, après vos mésaventures, super hyper confortables vous semblerez être sous d'autres latitudes. N'oubliez pas les chapeaux!

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  2. Stephen je te donne l'adresse de Sylvie DUMANS à LIMA qui est la fille de la Mr et Mme DUMANS Christiane (Christiane étant la soeur de Dédé Virlouvet de Normandie, beau frère de Bernard et moi même (tatie))tu suis ? voici l'adresse si ça vous intéresse pour prendre une douche ou peut-être pour coucher ou infos service..
    Sylvie DUMANS tél. 17.17.66.99
    Mickael BATISTA - LA MERCED - AAHH LOTE N°3 PUENTE PIEDRA - LIMA
    Elle s'occupe d'une association MANO A MANO
    Site : http//limamam.ifrance.com

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  3. yo! salut les touristes! la grande aventure a ce que lis et ce que je vois! merci pour l'aventure que vous nous partagez ! good road ! bisous cousin ! Mickael ...

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  4. Dans la faune de l'Amazonie, vous avez de la compagnie : cauchemardesque!
    pour dormir : instaurer un tour de garde, 2 qui dorment et un qui surveille les bêtes!
    à bientôt vous lire...

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  5. salut stephen

    j'ai appris recemment ton periple, profitez a fond
    bonne decouvertes et bonnes rencontres
    A+ romain

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  6. On a rencontré les 3 garçons sur le chemin de l'Inca 4 jours qu'ils nous ont supporté avec nos habitudes de vieux !!!! Sont courageux ces garçon rien le les arrête ni les insectes , ni les ampoules aux pieds , ni le manque d'oxygène mais depuis plus de nouvelles!Mais pas de panique zont un programme tellement chargé , plus le temps de faire des MAJ sur le Blog .

    Signé : t'as pas 10soles ?

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  7. Tu le sens le dépaysement là ;) ?

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