Est-ce donc la norme sur l'amazone ? Pouvoir dormir dans un hamac et profiter d'une nourriture correcte et abondante, de sanitaires corrects et entretenus, d'eau potable et d'une imprenable vue en terrasse ?
Sans aucun doute non, le niveau de qualité étant inversement proportionnel à la salubrité de ce nouveau navire. Merci, vraiment, merci Carmen, de nous avoir dégoté ce superbe bateau après nous avoir permis de passer la nuit dans l'hôtel le plus confortable de Santa Rosa. Mais ne soyons pas mauvaise langue, Carmen fut tout de même notre ange gardien, nous offrant parfois une boisson ou à manger sans qu'elle daigne accepter un centime de notre part.
Aaaaah, le Pérou ! Terre d'inconnue et de surprise, terre d'accueil et de gastronomie nous dirons plus tard les dépliants touristiques. Oui, enfin c'est comme beaucoup de choses, ça dépend par quel bout on prend le pays.
Le bateau donc était "un peu" moins bien que le précédent :
- Les sanitaires ont fusionné avec les douches (oui le "tuyau" de douche est situé "au dessus" des toilettes). Ceci permet très astucieusement à l'équipage d'économiser le nettoyage des toilettes car c'est vous qui le faites en vous douchant. Pratique !
- Une terrasse dépouillée, avec des hamacs à l'étage, la cheminée du moteur, un bruit et une odeur désagréable. Nous l'utiliserons surtout pour prendre quelques photos.
- La nourriture était, frugale diront nous. Servie dans nos hamacs, avec une fourchette en plastique, c'est plat unique. Pas d'eau, juste une assiette avec du riz, éventuellement un peu de sauce et une viande parfois bien maigre mais souvent exotique (porc épic, piranha).
3 jours de voyages, 3 jours sans nos amis voyageurs pour discuter (la discussion avec Carmen étant tout de même limitée), 3 jours sans les "bons repas" qui rythment la traversée et nous permettent de patienter, 3 jours d'ennuis avec la jungle en bordure de l'amazone pour compagnie, quelques livres d'espagnols à potasser, pas d'électricité pour jouer un peu en attendant et trop de moustiques.
Mais surtout, 3 jours à penser et à se répéter entre nous :
"Vite, vite, à Iquitos, on prendra soit l'avion soit le speed boat (même si il n'existe pas d'après les péruviens à qui on a demandé), vite, vite, à Iquitos, enfin, c'est terminé ! A Iquitos, comme nous l'a conseillé Georges, notre voisin de hamac prof d'espagnol, prenons l'avion avec Star Péru, en promotion à 30 $ le billet plus un offert ! A Iquitos, nous serons enfin des hommes libres !"Malgré ce climat d'emmerdement maximum, 3 choses nous ont permis de supporter le calvaire.
1. L'ambiance superbement "cage aux folles" de l'équipage entre le barman qui s'épile les sourcils, le matelot qui nous sert le repas avec ses ongles manucurés et vernis et enfin le dernier, massif et nous toisant de ses 2 mètres avec un corps superbement épilé. Tous bien sûr portant de petits hauts moulant. Nous adorons ! Et nous sommes d'autant plus surpris de cette nonchalance connaissant le côté machiste des hispaniques, notamment en amérique du sud où l'homophobie est tout de même omniprésente.
2. Notre rencontre avec Antonio, un italien qui voyage depuis 7 ans à travers le monde et depuis 2 ans en amérique à vélo. Un "vrai". Il est fabuleux et nous apprend énormément de choses sur le voyage.
3. Les crépuscules que nous avons pu admirer nous rapprochant de la source de l'amazone qui nous ont subjugués pendant de très longues minutes.
....très, très longues minutes, récompense de journées d'ennuis :
Puis :
- Nous arrivons à Iquitos.
- Nous nous précipitons vers le centre pour trouver un hôtel.
- Antonio décide de nous accompagner.
- Nous "fonçons" à coups de "No gracias !!!" à travers les motos-taxis par dizaines (sorte de taxi composés d'une banquette 3 places à l'arrière avec une moitié de moto 125 de marque Honda à l'avant).
- Nous nous trompons de chemin après 30mn de marche et faisons demi-tour en nous maudissant de ne pas savoir lire un plan.
- Nous arrivons, après une heure et demi de marche et après avoir visités plusieurs hôtels, à trouver celui qu'il nous faut : L'hôtel de Patrick. Compatriote français qui était parti en tour du monde, il a commencé par le Pérou et il s'est arrêté au Pérou (tiens donc). Il faut dire qu'après s'être fait volé son appareil photo de son sac pendant qu'il dormait dans un bus et s'être fait volé finalement l'intégralité son sac à dos de 25kg, à un mètre de lui, alors qu'il était debout seul au milieu d'une place déserte (il n'a jamais trouvé d'explication à ce phénomène), il s'est dit que le pays le voulait et ne souhaitait pas qu'il parte.
- Nous nous renseignons sur les bus qui ne vont que jusqu'à Nauta. Iquitos reste bien la plus grande ville du monde (300 000 habitants) non accessible par route : Merde !
- Nous nous renseignons sur les vols qui bien évidemment sont hors de prix (70 $ par personne) : Re-merde !
- Nous nous renseignons sur les "speed boats" qui existent bien (Oui !!!) mais sont hors de prix (70 $ par personne) : .........{@£%#%!!
- Nous nous renseignons, complètement désespérés, sur les "slow boats" qui sont accessibles (bien sûr) et nous imposent 3 nuits de plus en hamac.
- Nous constatons à ce moment qu'environ 80% de ce que les péruviens nous disent sur les transports est faux.
- Nous décidons de ne plus croire personne à ce sujet.
- Nous restons une nuit après avoir passé une soirée riche en discussions avec Antonio qui nous apprendra plusieurs choses très intéressantes :
- Vivre dans une famille de la forêt amazonienne en pleine jungle pendant un mois, c'est juste inoubliable
- Le jaguar est le félin le plus dangereux pour l'homme (il chasse les crocodiles, les anacondas, les hommes dans leur village sans distinction, et c'est lui qui gagne).
- Le crocodile est très, très, très dur à tuer. Pour en avoir chassé un "petit" (1 mètre), après une balle dans la tête (vraiment dedans, pas à côté), il s'est réveillé après 1 heure pour attaquer. Après lui avoir coupé la gorge (à 95%), il s'est réveillé après 2 heures pour attaquer. Oui c'est impossible, nous sommes d'accord et Antonio aussi, mais c'est ce qui s'est passé et la famille ne semblait pas surprise. (PS : il nous a montré les photos)Après une bonne nuit de sommeil et un repos bien mérité (qui ne m'épargnera pas de vilaines piqûres de moustiques, malgré la présence du fameux gecko tueur d'insectes) nous partons pour, cette fois-ci, notre dernière virée en bateau.
Nous arrivons au bateau en avance, nous prenons celui qui nous semble le plus gros et le plus propre. Nous installons nos hamacs à l'étage cette fois ci, en quelques secondes, nous sommes maintenant des habitués.
Après le constat d'une tentative échouée de la part des autorités de vouloir absorber la merde du port à l'aide de couches "Pampers", le bateau part enfin.
Notre flair ne nous a pas trompé, les toilettes et les douches sont bien meilleures, le pont est nettoyé régulièrement, la nourriture n'est pas terrible (et c'est globalement le plus dur à supporter, du riz, du riz et encore du riz).
Heureusement, le cuisinier, très gay lui aussi (décidément, les moeurs au Pérou évoluent à une vitesse vertigineuse), nous accordera de l'eau chaude pour quelques cafés.
L'amazone nous offrira un dernier coucher de soleil inoubliable comme pour nous remercier d'avoir tenu le choc jusqu'au bout.
Au revoir l'amazone, bienvenue la cordilière des andes et désolé si les posts se ressemblent, mais la jungle n'a pas évoluée des masses après 12 jours de bateau. (12 jours bordel !!! 12 jours)...
Vous avez commencé fort par l'Amazonie, c'était une mise en bouche pour vous mettre en condition!
RépondreSupprimerce n'était pas une traversée touristique, vous avez partagé la vie des autochtones! bravo les gars! et bonne continuation...
Les trucs qui sêchent, c'est du porc épic ?
RépondreSupprimerLa photo avec les carcasses représente les restes de ce que vous pouviez manger sur le bateau ou c'est juste de la déco pour impressionner les touristes? Si je me trompe, ça semble être des carcasses de singe?
RépondreSupprimerJe suis fan de la dernière photo...
RépondreSupprimerOui les trucs qui sechent c'est du porc epic.
RépondreSupprimerEt c'est bien ce qu'on a mange sur le bateau mais apres l'avoir fait bien bouillir quand meme.
La viande reste quand meme assez forte.
Viva el Péru !!!
RépondreSupprimerAyahuasca
vu les carcasses et les plats amazoniens, y'en a qui seront pas difficile à leur retour. Merci pour les photos et couchés de soleil, on attend les photos de la cordilière des Andes, (les grands espaces vu d'en haut, les fleurs etc..)à bientôt
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