dimanche 6 mars 2011

Le paradis sur Terre

Tout commence par un mail de Hervé, contrôleur aérien à Faaa et notre improbable contact sur place :

"Je ferai la nuit du 12 au 13, mais comme mon boulot est de vous faire atterrir, je descendrai ensuite de la tour pour vous accompagner à la maison."

Ce que l'on ne sait pas encore à ce moment là, c'est que Hervé, c'est la gentillesse et l'hospitalité incarnées. Ami du père de Stephen, aucun de nous trois ne le connaît. Et pourtant il va se donner la peine de nous loger, nourrir, blanchir et même faire visiter l'île. Sans lui, sa femme Faty, ses deux enfants et le gros toutou Breizhou, Tahiti n'aurai jamais eu la même saveur.

C'est dans les règles, avec le collier à fleurs que Hervé nous attends dans le hall de l'aéroport. Tout est prêt pour jouir pleinement de la Polynésie française.

Oh la belle brochette !
La Polynésie française est un ensemble de cinq archipels composées d'îles et d'atolls perdues au milieu de l'océan Pacifique :
  • les îles marquises 
  • les îles australes 
  • les Gambiers 
  • les îles Tuamotu 
  • les îles de la Société 
Nous ne visiterons qu'une partie des îles de la Société. Celle-ci elles même divisées en deux parties : les îles du vent (Tahiti, Moorea) et les îles sous le vent (Bora Bora, Huahine, Raiatea).

Tahiti
Beaucoup nous on dit : "Tahiti c'est l'île la moins intéressante. C'est industriel et pas très beau.". Et bien ils ont tort. Celui qui se donne la peine de visiter l'intérieur de l'île et de sortir de Papeete découvrira des montagnes sauvages parsemées de cascades vertigineuses, des plages de sable noir bordées de cocotiers et des collines verdoyantes riches d'une flore atypique.

King Kong
Cette chance de découvrir les merveilles de Tahiti nous est offerte par Hervé et Ricky qui se démèneront pour que notre impression sur l'île soit la meilleure possible. Merci encore à eux.

Nous prendrons aussi plaisir à goûter la cuisine polynésienne au marché de Papeete et durant tout notre séjour :
  • noix de coco 
  • poisson cru au lait de coco 
  • muru : fruit de l'arbre à pain 
  • mangue, papaye, banane (y a qu'à se pencher au bord de la route pour en trouver) 
  • fafaru : poisson cru masséré plusieurs jours dans l'eau de mer. On a fait que sentir, ça nous a suffit. Ca pue tellement que je vous met au défi d'en goûter 
  • Hinano : LA bière locale que les polynésiens consomment sans modération par pack de 30 les soirs de week-end. Cela les rend un poil agressif et les soirées peuvent finir en castagne. 
Le marché de Papeete
Le polynésien moyen est du genre "beau bébé" de cent kilos ou plus. Si il lui vient l'envie de frapper, perso, je préfère être loin.
Quant au mythe de la Tahitienne, il s'est vite effondré. Ici le taux d'obésité dépasse celui des Etats-Unis. Autant vous dire que la vahine (femme en polynésien) est plutôt du style "gonflée".
Néanmoins, il sont globalement très chaleureux et n'ont rien à envier aux Argentins sur ce point.
Tout le monde se salue dans la rue, impensable à Paris. A plusieurs reprises on s'est vu offrir des fruits et de l'eau potable lors de nos longues heures de marche sur les petites îles.

Déjà bien gâtés par nos hôtes, Ricky nous organise en plus une soirée plage, barbecue, bière dans le lagon. Mémorables. On pouvait pas faire plus "Point break" dans le style.


Après ces premiers jours de bonheur facilement acquis sur Tahiti, nous décidons de partir à l'aventure sur les autres îles de la Société. Comme l'hébergement et le transport sont hors de prix, nous préparons nos sacs en conséquence. Le mot d'ordre : petit et léger.
  • drap de soie et hamac pour le couchage 
  • tongs et chaussures de randonnée pour le transport 
  • 1 short de bain, 1 jean, 2 slips, 2 tee-shirts et 1 paire de chaussettes 
  • 1 vêtement de pluie au cas où (c'est la saison des pluies) 
  • crème solaire, lunettes de soleil et casquette (c'est la saison des pluies, mais ça tape quand même souvent) 
  • 1 canard enchaînée et un Public pour la culturation de plage 
Voilà ! Nous sommes fins prêts pour faire les îles à la "roots" pendant 15 jours 10 jours.
Nous avons opté pour une formule découverte avec 4 vols vers les îles Huahine - Raiatea - Bora Bora - Moorea.
Le gros plus : on peut changer la date des vols autant de fois que l'on veut. Et on va en abuser.

Huahine

Plus petite que Tahiti : 5400 habitants et 74 km2 pour Huahine, contre 180 000 habitants et 1042 km2 pour Tahiti, nous ne mettons pas longtemps à découvrir la gentillesse typique de habitants des petites îles. A peine sorti de l'aéroport, le gérant du Europcar local nous dépose en centre ville, nous propose de garder nos sacs en journée et nous file un tuyau pour trouver un bon spot où poser nos hamacs pour la nuit. Que demander de plus ?

Nous commençons par visiter le super marché de Fare, seule ville de l'île, à la recherche de quoi nous restaurer à prix réduit. Nous constatons bien vite que pour rester dans le budget, notre régime alimentaire pour les prochains jours sera à base de conserves de choucroute ou cassoulet froid, pain et banane. Pas de quoi se réjouir, mais ça nourrit bien son homme.

A la nuit tombante, nous trouvons notre spot prêt de la plage. Nous nous attelons ensuite au montage des hamacs, mangeons à la lueur des lampes frontales et filons nous coucher avant que les moustiques ne nous dévorent. Rituel bien huilé qui à quelques variantes prêtes sera le même pour une bonne partie de nos nuits durant ce tour des îles.

Le lendemain, nous testons l'auto-stop. Après seulement 5 minutes d'attente, 3 jeunes nous laissent monter à l'arrière de leur pick up. Ils nous lachent dans le sud de l'île, non loin des meilleures plages selon eux. Nous profitons du beau temps pour lézarder sur le sable blanc, nager au milieu de la faune luxuriante du lagon et attraper par la même occasion nos premiers coups de soleil.


La vie sur les îles c'est no stress et très vite nous adoptons le rythme. Nous préférons la marche à pied qui reste le moyen de locomotion le plus accessible et le moins onéreux. Cela permet aussi de mieux découvrir les richesses de l'île. Nous dégustons les fruits ramassés sur le bord de la route, profitons de l'ambiance sonore, surprenons les crabes qui s'enterrent sur notre passage. Impossible de mourir de faim tellement les îles regorgent de ressources naturelles.

Deux jours de marche nous auront suffit à faire le tour de Huahine Iti (partie sud de l'île). Il est temps de regagner Fare pour prendre notre prochain vol. Point besoin de faire du stop, nous croisons de nouveau par hasard le gérant du Europcar qui nous propose une fois de plus de nous emmener à bon port. Fabuleux.

Malheureusement la chance finit par nous quitter quand le soir venu le temps décide de se gâter et vire à la pluie incessante. Trempés jusqu'au os, et faute de pouvoir monter les hamacs à cause du vent, nous établissons le camp devant les portes closes de l'aéroport. Passage en mode clodo ! Mais au moins nous sommes au sec et à l'abri du vent. Seules la présence tardive de quatre polynésiens plutôt éméchés et la visite nocturne des crabes pimenterons la nuit.



Raiatea

Le temps vire à la tempête. La queue du cyclone de force 5 qui frappe l'Australie nous force à changer nos plans.

La tempête
Après une longue concertation, nous décidons de zapper Raiateia . Si le beau temps doit revenir pour le lendemain, nous préférons tenter d'en jouir sur la plus belle des îles. Raiateia se résume donc à des aller-retour entre le centre ville désert et l'aéroport afin de modifier nos billets. Nous passons une nouvelle nuit dans un aéroport pour être au sec. Cette fois-ci ce sont les gendarmes qui nous rendent visite dans la nuit. Mais contrairement aux cow-boys de la métropole, les flics ici sont très cools et nous laissent profiter de notre abri de fortune.

Bora Bora

Ah ! Bora Bora ! Dès l'arrivée en avion et malgré le temps couvert, on en prend pleins les yeux. Vient ensuite la traversée en navette du lagon depuis l'aéroport pour rejoindre l'île. On s'émerveille devant le bleu si particulier de l'eau, on envie les chanceux qui profitent des bungalows luxueux. L'endroit est comme on l'imagine, féerique et paradisiaque.


Retour à la réalité. Nous, nous sommes pauvres et il nous faut marcher pour rejoindre la seule plage publique de Bora.

Sur la route nous nous faisons un ami : Clochard, qui, on ne sait pas pourquoi à décider de nous adopter et de nous suivre sur plusieurs kilomètres. Rien de gênant en soit, sauf que Clochard n'est pas le genre de chien à pouvoir faire face aux Pitbulls et autres Rotweillers qui viennent nous montrer les dents. Nous optons pour le bâton comme moyen de défense, sans oublier le mot magique : "Uche !", traduction de "Ouste !" en polynésien.


Assoiffés par notre marche, nous nous posons dans un snack en bord de plage et commandons une bouteille de ... Orangina ! Oui monsieur ! Trois jeunes gens attablés derrière nous nous prennent en pitié et décident de nous offrir un verre de rosé. Quelques peu honteux nous acceptons et faisons connaissance.
Yohan, Nicolas (dit le boulanger) et Victor travaillent dans les hôtels de luxe de Bora. On est dimanche, ils sont de repos et déjà à 14 heures ils ont bien tisé. Ces jeunes nous plaisent bien et évidemment le courant passe bien d'entrée de jeu. Contents d'avoir trouvé de nouveaux compagnons de beuverie, les verres s'enchaînent et nous apprenons bien vite le jeu du train déri-déra (succès garantie au prochain Saint-Jean de Monts, les thons vous êtes prévenus). Nous repartons avec une invitation à boire plus encore le lendemain soir chez Yohan.

La plage, toute proche, est à la hauteur de nos attentes : eau limpide, sable blanc et le soleil après une longue absence s'invite même à la fête. C'est le coeur léger et le sourire de nouveau aux lèvres que nous montons notre camp sur la plage, avec le coucher de soleil pour toile de fond. Une fois n'est pas coutume les forces de l'ordre passent nous rendre visite dans la nuit. Beaucoup nous avaient dit que camper à l'arrache sur Bora Bora serait mal vu, faux, encore ! Les gendarmes s'excusent de nous avoir réveillé, prennent nos identités au cas où il nous arriverait quelque chose et nous autorisent à dormir là malgré la proximité de l' Intercontinental Resort Bora Bora. Ils sont vraiment cools sur les îles.


Le lendemain matin, faute d'avoir trouvé un bar ouvert où prendre notre café, Stephen tente le coup de poker et se présente à l'accueil de l'Intercontinental, celui là même en face duquel nous avons passé le nuit en hamacs :

"- Bonjour, c'est possible de prendre un café dans le restaurant de l'hôtel ?
- Oui, ça doit pouvoir se faire.
- Mais ça doit être très très cher non ?
- Je ne pense pas. Attendez j'appelle pour demander .... Oui, il n'y a pas de souci, ce sera 350 CFP (2,80 euros)."

Bingo ! Moins cher qu'au snack. Et voilà comment on se retrouve à prendre le café dans un hôtel de luxe avec vue sur le lagon.
La chef de restaurant passera même nous saluer :

"Bonjour, pas trop dur le réveil dans les hamacs ce matin ?"

Evidemment la nouvelle avait déjà fait le tour de l'hôtel que les 3 mecs qui avaient dormi sur la plage étaient en train de prendre un café au restaurant.
Gênés, mais sans se démonter, nous nous présentons, lui parlons de notre voyage et la remercions de nous laisser prendre un café. Elle nous réponds que ça ne pose pas de problème et que nous ne dérangeons pas. La journée commence bien.

Rien de tel q'un bon café et un canard dès le matin
Mais le meilleur reste à venir. Le beau temps étant de retour, nous décidons de faire une folie et dépensons 70 euros pour passer la journée en pirogue à découvrir les merveilles de l'île.
Les deux frères qui organisent le tour ne manque pas de bonhomie, ce qui rend l'attraction touristique d'autant plus attrayante.
Mais le tour ne consiste pas qu'à écouter du ukulele en se prélassant à la proue de l'embarcation. Nous avons droit tout d'abord à un arrêt au milieu du lagon histoire de nager au milieu des requins pointe-noires et des raies. Quand on est face à ce prédateur, on les a toutes petites.

Deuxième arrêt quelques minutes plus tard au jardin de corail. Nick se fera remarquer en étant le seul à demander un gilet de sauvetage pour l'aider à nager. C'est que l'eau, c'est pas son élément au Nick.
Le jardin foisonne de poissons multicolores, murènes et autres coquillages. Pas besoin de bouteilles pour en profiter, un tuba et un peu de souffle suffisent pour descendre en apnée côtoyer ces merveilles.

Nous repartons ensuite en direction d'un motu pour y dévorer un déjeuner bien mérité. Les motus ce sont ces bancs de sable corallien qui entourent les îles et permettent la formation du lagon. C'est sur les motus que se trouvent les belles plages de sable blanc que l'on voit sur les cartes postales. Autant dire que le cadre est idyllique. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Sur le motu sur trouve le lagoonarium : aquarium naturel formé de plusieurs bassins au sein même du lagon. Nous chaussons donc de nouveau masque et tuba pour aller nager au milieu des espèces exposées. Nous approchons au plus prêt : tortues, raies et plus de 200 espèces de poissons de toutes tailles. Mais le clou du spectacle, c'est la traversée du grand bassin en compagnie des terrifiants requins citrons. A priori sans danger, nous ne sommes tout de même pas rassurés quand ces bestiaux de prêt de 2 m nous passent dessous, nous scrutant avec leurs petits yeux jaunes vides de toute émotion.



Et comme cette journée se devait d'être parfaite, le soir même nous honorons l'invitation des garçons et passons la soirée à déguster pizzas et tartes, le tout arrosé de bières. En prime, Yohan nous propose de dormir chez lui et nous passons notre première nuit dans un vrai lit, luxe ô combien appréciable après plusieurs nuits en hamac.
Je ne sais pas si c'est que nous prenions goût au confort, mais le lendemain matin nous retentons le café à l'Intercontinental. La chance nous sourit de nouveau, puisque non seulement la chef de restaurant accepte encore de nous laisser entrer, mais en plus elle nous offre le petit déjeuner.
Une dernière soirée en compagnie de nos amis à déguster de bon petits plats (c'est bon de rencontrer des cuistots) et nous voilà requinqués pour continuer l'aventure.

La fine équipe de cuistots
Bora ce n'est pas seulement des belles plages et des hôtels de luxe. Le centre de l'île reste sauvage avec des paysages rappelant King Kong. On y rencontre des gens simples, tout aussi chaleureux que sur les autres îles. On pensait rester peu de temps sur l'île mais au final c'est celle où l'on sera resté le plus longtemps. Les bonnes rencontres, le cadre magique, le beau temps et la facilité avec laquelle on a pu y séjourner sans rien payer y sont pour beaucoup.

Moorea

Rien à voir avec Bora. L'île est grande, proche de Tahiti, avec une forte population : essentiellement des résidents qui travaillent à Papeete et font l'aller retour avec Tahiti tout les jours. Du coup l'accueil est plus froid et l'auto-stop quasi impossible.

L'intérêt principal de l'île réside dans ses montagnes à l'intérieur des terres. La montée au belvédère offre une vue magnifique sur la baie de Cook et la végétation luxuriante environnante. Une petite visite au lycée agricole histoire de profiter de la dégustation gratuite, puis nous filons vers la plage pour passer notre dernière nuit avec le doux son des vagues.
Nous aurons visité Moorea en vitesse, mais après Bora Bora, et la fatigue aidant, nous aspirons surtout à rentrer à Papeete.


De retour chez Hervé, nous profitons des jours qui nous séparent de la Nouvelle-Zélande pour nous préparer :
  • séances Seigneur des anneaux
  • mise à jour du blog
  • lessive
  • vrais repas (pas à base de cassoulet, merci Faty)
  • repos bien mérité
L'heure approche de reprendre la route et c'est la larme à l'oeil que nous laissons nos hôtes. Merci encore mille fois à vous.

All Blacks nous voilà !


Note de Stephen pour Hervé, Faty & Co : quand vous passez par la France, surtout n'oubliez pas de me prévenir qu'on s'organise une bouffe avec mon père (je rameuterais les deux Nicolas pour l'occasion)

5 commentaires:

  1. Ahlala Coute, j'ai bien ri mais ça va se payer ! j'étais juste chargé d'assurer la sécu !

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  2. Bordel les mecs vos photos de végétation luxuriante là, c'est LILDELOST NOMDIDIOU

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  3. paradisiaques ces îles et très hospitalières,
    j'ai bien ri avec la visite du crabe et l'histoire des bâtons! merci Coute pour ce post! à bientôt

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  4. Ah! quelle merveille, dommage que Tahiti n'était pas programmé après la Nouvelle Zélande, cela vous aurait ressourcés, mais nous ne choisissons pas toujours le cours des évènements. Toujours merci pour vos récits. (j'ai bien aimé la chasse au crabe)

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  5. Jacky
    Merci à Hervé et que Tahiti reste gravé dans
    vos rêves , ça manque un peu de Vahiné mais apparemment ce sont des femmes de poids
    ne brisez pas nos fantasmes!!!
    Bon trip les robinsons

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