Rien ne nous prépare à vivre ce genre d'évènement....
Je suis dans une boutique Internet en plein centre de la ville, une des rues les plus passantes de la ville. Je viens de parler avec ma chérie via skype. Je raccroche et je règle encore 2 ou 3 choses sur internet. Je me lève pour prendre mes affaires et ça commence...
Je sens le monde autour de moi vibrer. Je me maintiens debout, étant au rez de chaussé, le choc n'est pas suffisant pour me faire tomber mais je m'appuie néanmoins sur la table où l'écran se balance violemment. Je vois l'immeuble qui bouge, les plafonniers suspendus se sont transformés en aérateurs de plafond positionnés sur vitesse maximale et je m'attends à ce qu'ils me tombent dessus à tout moment.
J'entends des gens crier et je les vois courir, certains essayent de sortir, d'autres descendent des escaliers vers le sous-sol du bâtiment. Je reste immobile pendant quelques secondes avant de réaliser l'ampleur de l'évènement et le danger dans lequel je me trouve. Je n'ai pas eu peur pendant la première secousse. Je me suis dirigé vers l'entrée en suivant les gens et... voyant les facades des immeubles s'écrouler dans la rue, je suis descendu dans les escaliers.
Le gérant de la boutique criait "Don't go out, this building is safe". Apparemment, je suis dans un immeuble conçu pour résister aux tremblements de terre (j'apprendrai plus tard que certains de ces immeubles se sont tout de même effondrés, n'étant pas prévu pour une telle intensité).
La secousse aura duré entre 15 et 20 secondes. Dès la fin de la première secousse, je me précipite pour récupérer mes affaires, je laisse 15$ sur le comptoir et je sors de l'immeuble. Il faut que je vois, que je sache ce qui s'est passé. Je prends une photo et voyant d'autres gens filmer, le besoin de garder un témoignage de ce que je vois me fait prendre une vidéo.
Très rapidement, je me trouve ridicule, voyant les gens courrir effrayés, pleurer ou aider...et remarquant un homme couvrir d'un drap deux personnes ayant tenté de fuir mais arrêtées par des morceaux de pierres éjectés des façades... je coupe la vidéo, je range mes affaires et je cours vers un pan d'immeuble qui s'est effondré. Je trouve un homme allongé, la cheville coincée sous les gravats. Déjà 2 personnes sont en train de l'aider et je me joins à l'effort collectif.
Très rapidement, la première réplique arrive. Puissante elle aussi, elle ne dure quelques secondes. Cette fois-ci, je prends conscience du danger. Je suis dans un autre immeuble, je ne sais pas si il est solide et je ne peux qu'attendre que ça se passe en espérant qu'il tienne le coup. A ce moment là, le sentiment d'impuissance est extrême.
Cette réplique passée, je retourne participer au sauvetage de l'homme et après bien des efforts nous parvenons un policier et moi à dégager la barre métallique qui lui écrase la cheville. Je reste ensuite une dizaine de minute en cas de besoin, prêt à aider si nécessaire. Une vieille dame très chanceuse est coincée entre le mur et le pan de l'immeuble. Debout et indemne, elle parvient à sortir. Un autre homme un peu plus loin a, lui, la jambe coincée et s'est retrouvé collé à une vitrine partiellement brisée. Nous ne pouvons rien faire de peur que la vitrine ne lui tombe dessus.
Dès l'arrivée des pompiers, je cède ma place et quitte le centre ville. Je ne peux plus rien faire, je n'ai pas les compétences nécessaires pour aider les personnes sous les décombres et je suis incapable de trouver les mots juste pour réconforter les blessés. Le réseau mobile étant disponible, je préviens mes proches et je retrouve Nick et Coute sur le chemin de l'hotel, miraculeusement debout.
Nous ne partirons que le lendemain, après une journée et une nuit à sentir des répliques très régulièrement, se demandant si la secousse principale n'était qu'un avant goût...
Je réalise mieux maintenant, à froid, la chance que j'ai eu... de ne pas avoir eu le réflexe de sortir de l'immeuble alors que les façades tombaient, d'avoir été dans un immeuble qui a tenu le coup, de ne pas avoir été enseveli lors de la première réplique...
A l'heure actuelle, je ne me sens pas traumatisé, mais peut-être est-ce encore trop tôt pour le dire. Malgré tout, à chaque bruit sourd (prémice d'une vibration), à chaque tremblement du sol (camion qui passe, machine à laver dans un hotel), j'ai une appréhension, je me pose la question, je doute...
Nick : Ce qui m'est venu à l'esprit ? Ceci. Et cela résume très bien la situation.
La secousse aura duré entre 15 et 20 secondes. Dès la fin de la première secousse, je me précipite pour récupérer mes affaires, je laisse 15$ sur le comptoir et je sors de l'immeuble. Il faut que je vois, que je sache ce qui s'est passé. Je prends une photo et voyant d'autres gens filmer, le besoin de garder un témoignage de ce que je vois me fait prendre une vidéo.
Très rapidement, je me trouve ridicule, voyant les gens courrir effrayés, pleurer ou aider...et remarquant un homme couvrir d'un drap deux personnes ayant tenté de fuir mais arrêtées par des morceaux de pierres éjectés des façades... je coupe la vidéo, je range mes affaires et je cours vers un pan d'immeuble qui s'est effondré. Je trouve un homme allongé, la cheville coincée sous les gravats. Déjà 2 personnes sont en train de l'aider et je me joins à l'effort collectif.
Très rapidement, la première réplique arrive. Puissante elle aussi, elle ne dure quelques secondes. Cette fois-ci, je prends conscience du danger. Je suis dans un autre immeuble, je ne sais pas si il est solide et je ne peux qu'attendre que ça se passe en espérant qu'il tienne le coup. A ce moment là, le sentiment d'impuissance est extrême.
Cette réplique passée, je retourne participer au sauvetage de l'homme et après bien des efforts nous parvenons un policier et moi à dégager la barre métallique qui lui écrase la cheville. Je reste ensuite une dizaine de minute en cas de besoin, prêt à aider si nécessaire. Une vieille dame très chanceuse est coincée entre le mur et le pan de l'immeuble. Debout et indemne, elle parvient à sortir. Un autre homme un peu plus loin a, lui, la jambe coincée et s'est retrouvé collé à une vitrine partiellement brisée. Nous ne pouvons rien faire de peur que la vitrine ne lui tombe dessus.
Dès l'arrivée des pompiers, je cède ma place et quitte le centre ville. Je ne peux plus rien faire, je n'ai pas les compétences nécessaires pour aider les personnes sous les décombres et je suis incapable de trouver les mots juste pour réconforter les blessés. Le réseau mobile étant disponible, je préviens mes proches et je retrouve Nick et Coute sur le chemin de l'hotel, miraculeusement debout.
Nous ne partirons que le lendemain, après une journée et une nuit à sentir des répliques très régulièrement, se demandant si la secousse principale n'était qu'un avant goût...
Je réalise mieux maintenant, à froid, la chance que j'ai eu... de ne pas avoir eu le réflexe de sortir de l'immeuble alors que les façades tombaient, d'avoir été dans un immeuble qui a tenu le coup, de ne pas avoir été enseveli lors de la première réplique...
A l'heure actuelle, je ne me sens pas traumatisé, mais peut-être est-ce encore trop tôt pour le dire. Malgré tout, à chaque bruit sourd (prémice d'une vibration), à chaque tremblement du sol (camion qui passe, machine à laver dans un hotel), j'ai une appréhension, je me pose la question, je doute...
Nick : Ce qui m'est venu à l'esprit ? Ceci. Et cela résume très bien la situation.
Escape from Christchurch
Coute pendant son direct LCI

Wait WHAT. Coute s'est fait TATOUER LE BRAS ?
RépondreSupprimerChouette commentaire Steph. Belle frayeur le matin en me levant et en voyant l'info apparaître sur mon téléphone... Heureusement j'ai réussi à joindre ta soeur !
on ne sort pas sans séquelles d'un tremblement de terre, il y a l'avant et l'après l'avoir vécu!
RépondreSupprimeril faudra du temps!
vivement le 14 mars!
pas de doute un souvenir qui ébranle...
RépondreSupprimeren attendant vous nous faites toujours autant vibrer...nous vous suivons pas à pas dans vos périples. vos écrits, vos photos, vos commentaires (plus cet humour qui vous caractérise)sont un ravissement et nous procurent ce sentiment de liberté auquel nous aspirons dans ce quotidien somme toute bien terne aujourd'hui.
continuez à nous faire réver...